Les pistes cyclables sur la métropole lilloise. qui fait quoi ?

La Métropole Européenne de Lille (MEL) a fixé une stratégie vélo ambitieuse pour encourager la pratique du vélo, y compris le vélo électrique. Cette stratégie, définie par une délibération cadre, répartit les responsabilités entre la MEL et les communes pour développer des aménagements adaptés à la pratique du vélo
à Lille.

La MEL, en collaboration avec les communes, s'occupe des grands axes et de la planification des aménagements cyclables, mais elle doit obtenir l'accord des communes pour concrétiser ces projets. Les compétences, telles que le nettoyage des pistes cyclables, l'éclairage, ou encore la création de stationnements sécurisés pour vélos, sont partagées entre la MEL et les municipalités, chacune ayant des rôles spécifiques pour faciliter la pratique du vélo à Lille.

Une délibération cadre qui fixe les grands principes de la stratégie vélo de la MEL :

La MEL a délibéré le 28 juin 2021 une délibération cadre (voir document joint) qui fixe les objectifs et ambitions de la MEL en matière de politique cyclable et acte des décisions importantes pour faciliter la mise en œuvre de cette politique. L’objet de cette délibération est axé sur 3 volets principaux :

  • volet 1 : la création d’un écosystème vélo impliquant tous les acteurs du territoire, traitant notamment de la répartition des compétences entre métropole européenne de Lille et les communes en matière de politique cyclable ;
  • volet 2 : les adaptations du service V’lille ;
  • volet 3 : le réseau cyclable métropolitain : principes et formes d’aménagements cyclables, jalonnement et la signalétique à destination des cyclistes.

Le volet 1 est très important pour comprendre « qui fait quoi » au sein de la MEL pour le vélo. Les répartitions ont donc été actées comme suit :

La MEL est responsable de: 

  • la stratégie métropolitaine en matière de mobilité/politique cyclable (PDU-PDM ; PCAET ; PLU) ;- le pouvoir de police de circulation et de stationnement hors agglomération ;
  • les aménagements et infrastructures pour mailler, compléter, améliorer, sécuriser le réseau cyclable métropolitain, son jalonnement et sa signalétique ;
  • des actions complémentaires menées en parallèle sur la pacification de l’espace public, la modération des vitesses, les aménagements urbains, l’animation, le service V’lille, le déploiement de certaines solutions de stationnement notamment en lien avec l’intermodalité, la promotion du vélo…
  • des compétences dérogeant au partage historique des compétences entre la MEL et les Communes sur les ex-routes départementales hors agglomération : le salage, le balayage ainsi que l’entretien des espaces verts hors convention avec les Communes
  • l’aménagement de stations (réparations, gonflages) sur le futur réseau Vélo+;
  • le balayage du réseau Vélo+ hors agglomération
  • le salage des pistes cyclables du réseau Vélo+ hors agglomération;
  • l’expérimentation d’une solution de marquage luminescent sur des pistes cyclables localisées en dehors de secteur éclairés, qui sera ciblée sur des zones tests à déterminer, puis évaluée pour en déterminer les suites à une échelle plus large ;

Les communes sont responsables de :

  • le pouvoir de police de circulation et de stationnement en agglomération
  • la compétence « nettoiement »
  • les compétences éclairage public et espaces verts (dont l’entretien des haies)
  • le mobilier urbain et notamment le mobilier lié au stationnement vélos dans l’espace public et la signalisation d’information locale ;
  • la clause de compétences générales qui permet, au plus proche du terrain, des usagers, des résidents, de conduire nombre d’actions en complémentarité des actions de la métropole européenne de Lille comme l'animation, les concertations, les appels à projets, la promotion de l'écomobilité scolaire

Tableau récapitulatif

  • Stratégie cyclable
  • Les aménagements de voirie
  • V'lille
  • Nettoyage et salage des pistes
  • Eclairage
  • Espaces verts
  • Le stationnement vélo
  • Ecomobilité scolaire
  • Animation / concertation

MEL

  • Hors agglo
  • Exceptionnellement
  • Exceptionnellement
  • Garages sécurisés V’Lille
  • Exceptionnellement (Mai à vélo)

Communes

  • En agglo
  • Autres que V'lille
  • rue aux écoles

vers qui me tourner si j'ai des demandes ?

Il faut pour cela ajouter un nouvel ingrédient : le pouvoir de police et de circulation. De ce pouvoir découlent de nombreuses décisions en lien avec la mise en œuvre de la politique cyclable. Tout d’abord, il existe un découpage géographique de l’application de ce pouvoir :

  • le/la Maire possède ce pouvoir sur les espaces publics en agglomération, c’est à dire toutes les voies qui se situent en ville. On peut considérer que dès qu’il y a des bâtiments et une vitesse limitée à 50km/h ou moins, on se situe en agglomération. Cela concerne la très grande majorité des voiries cyclables sur le territoire.
  • Le Président de la MEL possède ce pouvoir sur les espaces publics hors agglomération. Cela concerne les grands axes routiers de périphérie, les anciennes départementales qui connectent les villages ou les grandes villes mais qui n’ont pas de caractère « urbain » (ex : M700). Cela concerne les axes cyclables qui permettent de faire la connexion entre différents territoires, principalement dans les zones rurales. Ne sont pas concernés les autoroutes gérées par la DIR NORD.

Le pouvoir de police et de circulation permet de régir plusieurs éléments essentiels en lien avec la politique cyclable :

  • Les vitesses limites,
  • La répartition des usages de la voirie (piste, bande cyclable, nombre de voies de circulation),
  • Le stationnement sur espace public (nombre de places, payant ou non).

Oui mais donc qui décide en fait si on fait une piste ou une simple bande cyclable sur mon trajet ?

Les deux ! La MEL a déterminé en concertation avec les communes un grand Schéma Directeur cyclable qui fixe la perspective pour assurer la cohérence et la connexion entre les communes, elle réalise les travaux d’aménagement mais, même si elle identifie un axe, elle ne peut pas imposer un type d’aménagement dans une commune (en dehors de ce que la Loi exige). Un accord doit être trouvé avec la commune pour que cette dernière valide les aménagements proposés. Une logique de compromis se met en place.

La commune compose avec ses différents habitants. Elle doit à la fois satisfaire les automobilistes et les cyclistes (en plus des autres modes). Et bien souvent, il est nécessaire de prendre un peu aux automobilistes pour faire de la place au vélo.

Ainsi, si une commune est plus réceptive aux attentes des cyclistes, elle aura tendance à faciliter la mise en œuvre d’aménagements cyclables au détriment de la voiture. A l’inverse, si elle est moins

encline à diminuer l’offre pour les voitures, les aménagements en faveur du vélo risquent d’être moins qualitatifs. Il faut savoir que les élus sont très sensibles à ces sujets. Au plus un élu local prend conscience de l’attente de ses habitants en matière de vélo, au plus la ville tend à être favorable à développer du vélo (au détriment de la voiture lorsque cela est nécessaire).

Pour les feuilles mortes, les haies qui dépassent et le verglas ?

Là encore, dans l’immense majorité des cas, ce sont les communes qui en sont responsables. Il faut noter qu’elles sont encore en train de s’organiser sur le sujet et de s’équiper en matériel ! Toutefois, il ne faut pas hésiter à les alerter quand un problème est constaté.

Et pour les stationnements vélo dans ma rue et près de mes commerces préférés alors?

Dans la très grande majorité des cas, c’est la commune qui est compétente en la matière ! Elle peut aussi proposer une offre de box à vélo sécurisé avec accès par abonnement comme à Lille ! A noter que les villes seront obligées de supprimer les places de stationnement 5m en amont des passages piétons d’ici le 31 décembre 2026. C’est une aubaine pour proposer des arceaux. Qui plus est, la MEL s’est engagée à les financer dans ces secteurs spécifiques !

On parle politique cyclable, pouvoir de circulation, répartition de compétences, c’est tout ?

On pourrait rajouter la question de la priorisation des aménagements.

En effet, il ne sera pas possible de rendre la MEL cyclable en quelques mois selon le schéma directeur établi. Depuis toujours, la MEL s’organise avec les communes pour définir les travaux de voirie prioritaires. Chaque commune a une enveloppe prédéfinie chaque année et la MEL a des aménagements prioritaires qu’elle souhaite porter. Des rencontres fréquentes ont ainsi lieu entre la MEL et les communes autour du Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI Voirie) pour définir les priorités en matière de travaux. C’est dans le cadre de ces discussions que la commune peut faire valoir ses attentes pour aménager en priorité un aménagement cyclable par exemple…

Bon et le schéma directeur en question ?

Il vient d’être acté au même titre que le Plan de Mobilité métropolitain de la MEL. Ces deux documents fixent les grandes orientations en matière de mobilité jusque 2025 ! Les documents du PDM (et ses 52 actions !) sont accessibles ici en attendant d’être communiqués plus facilement sur le site de la MEL : https://diffuweb.lillemetropole.fr/Plan_De_Mobilite_Metropolitain_2035/

Benoît Wiatrak de la Métropole Européenne de Lille a rédigé ce super article pour aider à mieux comprendre la politique cyclable, un grand merci à lui !

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