J'accepte En poursuivant votre navigation sur ce site, vous devez accepter l’utilisation et l'écriture de Cookies sur votre appareil connecté.

Un automne coloré d'actualité, gilets jaunes, black friday, fiscalité verte...

Dans: Fil rouge Le:

Cet automne a été une palette de couleurs, que ce soit dans les arbres ou les levers de soleil, quand on a la chance de passer un peu de temps dehors mais surtout dans l’actualité fluorescente du moment. Cet article cherche à mettre des chiffres et des solutions au cœur du débat.

Vert Sapin – Octobre

On commence en octobre avec le rapport du GIEC du 8 octobre qui nous rappelle (ou nous explicite) les impacts d’une hausse de 1.5°C du réchauffement climatique.

« ça sent le sapin » comme le montre cette infographie du Monde. Pour rappel, le nombre de catastrophes naturelles ont plus que tripler entre 1980 et 2016. Le dernier feu de forêt californien en est un des exemples.

Mais ces projections, chiffres sont encore peu compréhensibles, peu concrets pour la plupart d’entre nous (y compris pour le président américain). Une des raisons mise en avant est probablement que l’impact est largement différent en fonction de la situation géographique. Mais aussi que cet impact est difficilement perceptible. 1,5° lorsque j’augmente mon chauffage, je ne m’en rends pas compte. Je le sens certes dans l’eau de mon bain mais ça ne me dérange pas plus que ça.  Et on parle de réchauffement climatique alors qu'il fait froid (voire de plus en plus froid l'hiver).

Alors comment faire comprendre au plus grand nombre l'impact du changement climatique ?

Les feuilles jaunissent comme les gilets jaunes – Novembre

Cette difficulté de compréhension est largement ressortie avec le mouvement des gilets jaunes qui se cristallise autour des taxes du carburant alors que le carburant ne représente "que" entre 9 et 16% de carburant du coût total d'une voiture.

@Joel Hazan et le Boston Consulting Group sortaient les résultats d’une étude l’hiver dernier constatant que près de

95% des ménages estiment le coût d’utilisation à moins de 200€ par mois (avec un budget constaté supérieur à 400€)

Avec un impact différent : le taux d’effort  des ménages périurbains pour l’achat de carburant augmente quand les revenus diminuent :

les 10 % les plus pauvres dépensent 13,5 % de leurs revenus en carburant, les 80 % les plus riches moins de 6,1 %.

(source rapport du shift project).

En zone peu dense, en campagne, les distances sont plus éloignées pour aller travailler, pour aller faire ses courses ou accéder aux services publics. L’éloignement et le peu de densité impliquent un maillage de mobilité peu développé et des solutions de mobilité limitées.

Cependant, il faut faire la différence entre  :

-         les ruraux par choix ceux qui fuient la ville pour plus d’espace qui ont les moyens d’être mobile – pour faire simple dans le prix d’une maison avec jardin au lieu d’un appartement urbain, il faut intégrer les coûts de déplacement individuels qui ne peuvent pas être portés par la collectivité

-         et les ruraux par défaut qui ne peuvent pas bouger à qui il faut apporter des solutions

Le Shift Project, avec Francisco Luciano, en avance d’une année, produisait l’année dernière un rapport sur la décarbonation des zones peu denses en proposant des scénarios de changement de mobilité dont

le potentiel maximal d'un changement de système de mobilité induit un bénéfice net annuel de 3,5 milliards d'euros avec une partie correspondant à la baisse des dépenses de mobilité des ménages.

Le gouvernement et les médias, malheureusement bien peu audibles, essayent de remettre en perspectives les redistributions de l’état dans la société française : éducation gratuite, entretien des routes…

Aux gilets jaunes, s’opposent des gilets verts avec des demandes aussi larges

Comment changer la représentation du réchauffement climatique pour qu’il soit plus concret dans la vie quotidienne ?

Les solutions existent et de nombreuses expérimentations sont actuellement en test avec un dénominateur commun : l’implication des habitants. Le CREM a organisé une journée autour de l’écomobilité rurale avec la présentation de la plupart des solutions citées ci-dessous.

Revue de quelques-unes des expérimentations en cours :

 « Service public itinérant » : dans l’Aisne, un camping-car crée du lien auprès des habitants avec deux agentes qui sillonnent chaque mois les trente-deux communes de la Thiérache, dans le nord du département.

Un accompagnement à l’éco-conduite, my anor my mobility, dans le parc naturel régional de l’Avesnois et la commune d’Anor sensibilise à réduire sa consommation de carburant et compenser en plantant des arbres.

Le projet Avesnois Mobilités porté par Transdev sur Fourmies propose des solutions multimodales pour remettre la mobilité au cœur du défi de l’emploi.

Toujours à Anor, la SNCF teste un système d’auto-stop sécurisé et dynamique pour relier les communes.

Cmabulle se déploie dans le Parc Naturel Régional du Vexin pour mutualiser les conduites des enfants pour aller à l’école mais aussi pour les activités extra-scolaires.

Le Pays des 7 Vallées développe un réseau de hubs mobilité avec un référent mobilité pour former et accompagner les habitants.

La région Ile de France lance le plus grand dispositif de location longue durée de vélos à assistance électrique, appelé Fluow (le nom a été donné avec les manifestations en jaune fluo).

Bref les solutions existent, fonctionnent. Encore faut-il les faire connaître et les développer.

Le vendredi noir – black Friday

Le vendredi noir a explosé les compteurs, meilleure journée pour Amazon depuis sa création.

Le volume global des commandes en ligne est en hausse de 34% par rapport à 2017 et de 347% par rapport à 2014,

selon le Webloyalty Panel qui regroupe plus de 30 sites e-commerce importants en France (plus de 100 000 transactions par an).

Cette journée est également le symbole de l’hyperconsommation qui implique des surproductions de biens manufacturés voraces en ressources, souvent non renouvelables et polluantes.

Et à cette journée, vient s’opposer un Green Friday, vendredi vert, l’occasion de promouvoir une consommation responsable. Portée par la ville de Paris, cette « manifestation digitale » a été relayée par de nombreux fabricants et commerçants responsables. A elle seule, l’entreprise Tentsile (notre fabricant de tentes suspendues), s’est engagé à planter 5500 arbres sur le week end (avec 20 arbres plantés pour chaque tente vendue) et à reverser 2% de leurs revenus à une association de préservation des orang-outans (symbole de la déforestation liée à la production d'huile de palme).

Mais le plus beau symbole de l’opposition Noir & Vert reste pour moi le changement de représentation opéré par les terrils et porté par le maire de Loos en Gohelle, Jean François Caron. Ce dernier premier vice-président de région à l’écologie a fait inscrire ces derniers au patrimoine mondial de l’Unesco pour la réserve de biodiversité qu’ils représentent.

Ou

comment transformer un symbole de déchets, d’abandons économiques et problématiques de santé (les terrils correspondent aux rejets de l’exploitation des mines de charbon) en quelque chose à valoriser, préserver et honorer.

Sous l’impulsion de Jean François Caron, Loos en Gohelle est devenue un véritable démonstrateur d’une écologie populaire et plébiscitée (ré-élection à 82,1% en 2008).

Le rouge de l’action – décembre

Le rouge du père Noël, le rouge du ruban de cadeaux, ou du ruban de la lutte contre le sida dont la journée est le 1° décembre. Lutte qui est probablement un des premiers combats où le changement de représentation a été clef. Les actions des militants, notamment d’Act Up, ont permis de lutter contre l’indifférence générale, d’impliquer et de faire comprendre les dégâts de la maladie.

Le défi de l’écologie actuelle est d'arriver à la prise de conscience des impacts concrets du réchauffement climatique pour tous. Que l’on parle de pollution, de temps perdu dans les embouteillages, de désertification des centres villes, il faut réussir à matérialiser les impacts comme peut l’être le prix du carburant à la pompe.

Il faut offrir des solutions et accompagner ces solutions par de la pédagogie pour que cette palette de couleurs d’automne soit un peu plus verte.

C’est pourquoi nous travaillons avec le Réseau Alliances et l’Université Polytechnique des Hauts de France sur une expérimentation pour accompagner des changements de mobilité durable au travers des nudges, ces coups de pouce qui impactent durablement en changeant la représentation.

Vous voulez nous rejoindre ou nous accompagner ? plus d’informations ici

Et pour finir sur note plus verte et optimiste: le projet respire qui crève le plafond de la campagne de financement participatif pour un déodorant durable et produit localement est un bon exemple.

Commentaires

Laissez votre commentaire